dimanche 30 mars 2014

Le laboratoire - Episode 10



            Comment Despina avait pu voyager d’un bassin à l’autre, Cyrille ne le savait pas mais il s’en moquait. Elle semblait réussir à tenir Ataka en respect et le scientifique ne pouvait en être que soulagé.
Brusquement, le dauphin qu’il avait découvert dans le laboratoire, jaillit sous ses yeux. Il se maintint à la surface, dressé sur sa queue.
-           Ataka pas dangereux. Juste dressé…
Apparemment, hors de l’eau, ses pensées étaient transmises à un petit haut parleur, sur le côté de l’engin de torture qui lui servait de casque.
-           Comme toi ?
-           Oui…
Derrière le cétacé, il y eut un bruit de plongeon : Ataka avait visiblement regagné les profondeurs. Despina les rejoignit. Elle avait toujours ce regard triste, qui serrait le cœur de Cyrille.
Elle eut un dialogue silencieux avec le dauphin, qui se chargea de traduire au jeune homme :
-           Sirène veux toi suivre.
-           Où ça ?
-           Dans eau.
-           Despina, je sais nager mais je ne peux pas retenir ma respiration sous l’eau !
-           Equipement dans boîte !
La sirène désigna une espèce d’armoire métallique, qui trônait près du bord du bassin et que Cyrille n’avait pas remarquée dans la pénombre. Il s’en approcha pour constater qu’elle était fermée par un cadenas. Il avisa une grosse pierre, s’en saisit et, après plusieurs coups assenés sur la serrure, put enfin ouvrir la porte.
A l’intérieur, il trouva un masque, une torche étanche, un détendeur et une bouteille d’oxygène pleine.
Il ôta ses chaussures, son short et son tee-shirt, puis s’équipa pour la plongée. Il n’était pas rassuré de s’immerger dans cette eau dont il ne voyait pas le fond. Néanmoins, il avait confiance en Despina. Il n’aurait pas su expliquer pourquoi mais il savait qu’il pouvait la suivre sans crainte.

            L’eau froide le fit suffoquer quand elle atteignit son bas-ventre, puis remonta lentement vers sa poitrine à mesure qu’il avançait. La sirène lui saisit la main. Son contact était étrange, caoutchouteux.
Le dauphin s’approcha. Cyrille saisit son aileron et se rendit compte qu’il avait la même consistance que la peau de Despina. Cette dernière lâcha ses doigts et lui fit signe de mettre le détendeur en place. Il serra les dents sur le caoutchouc et leva une dernière fois les yeux vers le ciel étoilé, avant de plonger.
L’eau était trouble et la vision du jeune homme mit un certain temps à s’adapter. Encadré par la sirène et le dauphin, il se sentait en sécurité mais il ne pouvait s’empêcher de chercher Ataka du regard.
Ils descendaient toujours. Cyrille en vint à se demander jusqu’à quelle profondeur les bassins étaient creusés. Assez rapidement, il dut allumer la torche. Il aurait aussi aimé avoir des palmes, cela lui aurait évité de dépendre du dauphin pour suivre le rythme de la sirène.
Soudain, une énorme masse passa devant eux : Ataka. Le scientifique lâcha l’aileron du cétacé et fit mine de remonter vers la surface. Despina vint le rejoindre et lui fit comprendre qu’il n’y avait rien à craindre.
Quand il se retourna, il aperçut une source de lumière, assez éloignée. Apparemment, c’est là qu’ils se rendaient.
A mesure qu’ils approchaient, Cyrille se rendit compte que le fond du bassin semblait naturel, non créer par la main de l’homme. Le Professeur Edeline avait sans doute profité d’un trou d’eau déjà existant pour installer son laboratoire.
La torche devint bientôt inutile, leur destination était suffisamment éclairée.  Le scientifique ne parvenait pas à croire ce qu’il avait sans doute sous les yeux ce que son confrère Laurent cherchait depuis des années. Une immense cité placée sous une bulle s’étendait à ses pieds. Comment ne pas penser immédiatement à l’Atlantide !




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