dimanche 19 janvier 2014

La classe de neige ( public 7 à 10 ans)


La classe de neige


La classe de neige

            Ça y est ! Ils sont enfin partis. Dans le car, Tristan et Morgan sont surexcités : dix jours sans les parents en classe de neige. Le voyage passe vite. D’abord, le car puis le train et de nouveau le car. Quand apparaissent enfin les montagnes, tous les enfants sont collés aux vitres du bus, émerveillés par la neige. En ce mois de janvier, elle est abondante et c’est tant mieux !
Dans un joyeux bazar, institutrices, animateurs et élèves s’installent dans le chalet où ils vivront pendant tout le séjour. Tristan et Morgan partagent leur chambre avec Thomas et Johan, deux bons copains. Chacun choisit un lit et range le contenu de sa valise dans l’armoire.
Tristan regarde par la fenêtre. Il admire la forêt enneigée. Il a hâte de chausser les skis demain matin. Un instant, il croit apercevoir quelqu’un entre les arbres. Mais il se trompe forcément : qui irait se balader dans les bois à la nuit tombée ?
Il n’a pas le temps de se poser plus de questions. La maîtresse les invite à prendre leur douche avant d’aller dîner. Ce soir, au lit de bonne heure ! La journée a été longue…

            Gling ! Un bruit de verre brisé réveille Tristan en pleine nuit. Ses trois amis sont profondément endormis. Il a dû rêver… Il ferme à nouveau les yeux et tente de se rendormir quand un autre son bizarre lui parvient. On dirait que quelqu’un marche dans le couloir en se cognant aux murs. C’est sûrement la maîtresse ou un animateur…
-           Qu’est-ce que c’est que ce bruit ? demande la voix ensommeillée de Morgan, qui occupe le lit superposé sous Tristan.
-           Je ne sais pas… On croirait que quelqu’un a cassé une vitre…
-           On va voir ?
-           On n’a pas le droit de sortir des chambres la nuit.
-           On regarde juste par la porte et on se recouche.
Le couloir est entièrement dans la pénombre. Il n’y a apparemment pas âme qui vive. Mais le vent siffle par une fenêtre effectivement brisée.
-           Qu’est-ce que vous faites ? demande Thomas derrière eux.
Les deux garçons sursautent violemment avant de découvrir Thomas et Johan derrière eux, debout eux aussi.
-           On a entendu du bruit mais il n’y a personne, explique Tristan.
A peine a-t-il fini sa phrase, qu’un curieux objet volant se pose sur le pas de la porte de leur chambre. On croirait un petit vaisseau spatial téléguidé…
Le minuscule appareil s’ouvre. Et un petit bonhomme, pas plus haut qu’une bouteille de lait, en sort.

-           Bonsoir Amis terriens ! J’ai un message à vous délivrer, annonce-t-il.
Les quatre garçons restent ébahis devant cette apparition. Thomas se frotte même les yeux pour vérifier qu’il ne rêve pas. Il n’a pas mis ses lunettes, alors sa vue est un peu floue. Mais il n’en demeure pas moins que l’extra-terrestre est toujours campé sur ses pieds devant eux, dans sa combinaison argentée. S’il ressemble fortement à un être humain, il a des oreilles pointues et il ne cligne manifestement pas des yeux.
-           Où est votre commandeur ? C’est à lui que je dois parler.
-           Notre quoi ? s’écrit Tristan.
-           Votre officier…
-           Euh… nous ne sommes que des enfants, pas des soldats.
-           Voilà qui est très ennuyeux… Je n’ai apparemment pas atterri au bon endroit.
-           Ah bah ça c’est sûr ! confirme Morgan.
-           Bon, ce n’est pas grave. Je vais faire avec ce que j’ai sous la main. La situation est trop urgente.
Les enfants se regardent à nouveau, ne comprenant rien à ce qui est en train de se produire. Sans ajouter un mot, l’alien tourne les talons et remonte la rampe par laquelle il est sorti de son vaisseau. A peine une seconde après, il ressort armé d’une sorte d’antenne parabolique. Il la braque vers les garçons. Un rayon laser jaillit et vient frapper la poitrine de chacun des quatre copains.

            Toc ! Toc ! Toc ! Trois coups sont frappés à la porte de la chambre. Tristan ouvre péniblement les yeux. Quel rêve étrange il a fait cette nuit : ces bruits bizarres, l’apparition de l’extraterrestre et le rayon laser…
-           Les garçons ! Il est l’heure d’aller prendre le petit déjeuner ! annonce la maîtresse de l’autre côté de la porte.
Tristan, Morgan, Thomas et Johan se lèvent péniblement. Apparemment aucun des quatre n’a passé une bonne nuit.
Un grand craquement retentit : Johan a cassé un barreau de l’échelle qui mène à son lit !
-           Mince ! Je vais rudement me faire gronder…
-           Qu’est-ce qu’il se passe ? demande Tristan, la brosse à dents dans la bouche.
Johan le regarde, les yeux écarquillés. L’eau provenant du robinet le suit, comme si elle coulait à l’horizontale.
Dans son lit, Morgan tend le bras pour allumer sa lampe de chevet. Celle-ci prend feu. Instinctivement, Thomas, qui est juste à côté, souffle dessus et elle s’éteint.
-           Mais qu’est-ce qui nous arrive ? demande Tristan, du dentifrice plein la bouche.

Les quatre garçons se réunissent sur le lit de Morgan. Aucun d’eux ne comprend ce qui se passe. Soudain, Tristan demande :
-           Avez-vous fait un rêve étrange cette nuit ?
-           Pourquoi ? s’inquiète Thomas, remontant pour la énième fois ses lunettes sur son nez.
-           Parce que moi j’ai rêvé qu’il y avait du bruit dans le couloir et qu’on parlait à un extra-terrestre…
Il attend la réaction de ses amis : vont-ils se moquer de lui ? Ou confirmer qu’ils ont tous fait le même songe ?
Leurs expressions parlent d’elles-mêmes : il n’a pas rêvé. Ce qu’il a pris pour une illusion s’est bel et bien passé ! Et le rayon laser bizarre que l’homme de l’espace a braqué sur eux est sans aucun doute à l’origine de leurs pouvoirs.
-           Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? demande Johan.
-           Que veux-tu qu’on fasse ? répond Tristan. On va aller déjeuner déjà et on verra après…
-           On pourrait peut-être en parler à un adulte ? ose Thomas.
-           T’es fou ! s’écrie Morgan. Ils vont nous prendre pour des cinglés !
-           C’est peut-être temporaire. Alors faisons comme si de rien n’était, maintient Tristan.

Pendant le petit déjeuner, aucun incident n’est à déclarer, au grand soulagement des garçons.
Sur les pistes, Tristan est concentré. Il n’a pas fait de ski depuis un an, alors il est un peu rouillé. Soudain, il manque de tomber. Il bat des bras pour essayer de retrouver son équilibre. Sans qu’il arrive à contrôler sa trajectoire, il se dirige droit vers les sapins au bord de la piste. C’est alors qu’un chemin de glace se forme devant ses skis, telle une piste de skate, qui lui permet d’amorcer un demi-tour. En quelques secondes, il est de nouveau derrière les autres élèves, qui n’ont rien perdu du spectacle. Sous leurs applaudissements, il se retourne et constate que la piste de glace qu’il a créée a déjà fondue. En revanche, il aperçoit entre les arbres, flottant dans les airs, le petit vaisseau spatial de leur visiteur nocturne. Que vient-il faire ici ? Délivrer le message qu’il ne leur a pas donné la veille ?
-           Tristan ! Ne reste pas à la traîne ! ordonne le moniteur.
Le garçon constate que pendant qu’il regardait derrière lui, ses camarades ont avancé. Il se laisse glisser sur la piste pour les rejoindre. Quand il regarde à nouveau vers la forêt, l’extra-terrestre a disparu.

            Au déjeuner, les quatre compagnons de chambre se retrouvent à table. A voix basse, Tristan leur raconte sa mésaventure du matin. Apparemment, il n’est pas le seul à avoir usé de son nouveau don pendant la matinée.
-           J’ai cassé un banc dans le local à ski, dit Johan penaud. Heureusement, la maîtresse a pensé qu’il était en mauvais état…
-           Moi, j’ai décollé après avoir pris une bosse et j’ai volé pendant quelques secondes, explique Thomas. Le moniteur m’a même félicité !
Morgan ne dit rien. Tristan se tourne vers lui et demande :
-           Et toi ? Rien de bizarre ?
-           C’est bizarre que la neige fonde quand je marche dessus ?
Ses amis ne répondent pas. De toute évidence, ce qu’ils pensaient le matin se confirme : ils ont des supers pouvoirs !
-           J’ai aperçu le petit bonhomme d’hier. Je suis sûr qu’il aurait une explication à ce qui nous arrive. Espérons que nous pourrons lui parler !
Les quatre enfants passent le reste de la journée à essayer de voir l’extra-terrestre, sans résultat.
Avant le dîner, alors qu’ils sont tous réunis dans leur chambre, après la douche, un coup dans la vitre attire leur attention. Sur l’appui de fenêtre, le petit vaisseau alien s’est posé. Le fond de l’appareil s’ouvre et forme une rampe par laquelle l’extra-terrestre descend.
Tristan lui ouvre. L’air glacé s’engouffre par l’ouverture, faisant frissonner les occupants de la chambre.
-           Je vous salue, amis Terriens !
-           Salut ! répond promptement Morgan. Bon, alors, tu nous dis ce qui se passe ? C’est quoi cette histoire de pouvoirs ?
Le petit bonhomme, un instant surpris, répond :
-           J’en déduis que Monsieur Eau n’est pas le seul à avoir découvert son talent ! Tant mieux ! Nous allons pouvoir passer à la suite du plan.
-           Mais vas-tu enfin nous dire qui tu es ? Pourquoi nous ? Et c’est quoi ce plan ? s’énerve Morgan.
-           Oui… c’est vrai que vous ne savez rien.
-           C’est le moins qu’on puisse dire, marmonne Tristan.
-           Je suis Lucius et je viens de la planète Orbis. J’ai été envoyé ici par mon commandeur pour prévenir les Terriens que leur monde est en danger. Le Pardus vient pour vous envahir. Il fallait donc que je trouve des soldats pour défendre votre Terre grâce aux quatre éléments. Mais j’ai fait une erreur… Vous n’êtes vraisemblablement pas des soldats…
-           Sans blague ? murmure Thomas.
-           Mais maintenant, il est trop tard. C’est à vous d’arrêter le Pardus !  

A suivre....

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