samedi 4 janvier 2014

Cadeau !


Parce que je voulais vous faire un petit cadeau pour cette nouvelle année, voici les premières lignes de Maeline. J'espère que vous aurez envie d'en lire plus. Mais là, il faudra attendre quelques mois ;-)


Maeline
L’appel de la nuit

Genèse

Le cri d’une chouette résonna dans le silence de la nuit. Une silhouette, couchée sur le sol de la forêt sombre, frémit. Vêtue d’une lourde cape noire, le visage entièrement caché par l’ample capuchon, la jeune fille se réveilla au pied d’un arbre. Elle se trouvait allongée sur la mousse, au pied d’un arbre, dans l’aube grise. Elle était en guenilles brûlées et ne se souvenait que de son nom : Maeline.
Une épaisse rosée commençait déjà à mouiller ses pauvres vêtements et ses longs cheveux noirs emmêlés.
Que faisait-elle ici ? Comment y était-elle arrivée ? Sa mémoire demeurait un territoire inconnu. Aucun souvenir ! Elle avait beau essayé de toutes ses forces, elle ne se rappelait ni son enfance, ni sa famille, ni le lieu où elle avait vécu, grandi…
Elle se leva et entreprit d’explorer cet étrange endroit.

Elle erra ainsi pendant des jours, se nourrissant de fruits et de baies qu’elle trouvait, buvant l’eau d’un petit ruisseau qu’elle longeait. Rapidement, elle s’aperçut qu’elle se trouvait sur une île. La nuit, elle discernait des lumières, loin au-delà de l’eau.
Au bout d’un certain temps, elle décida de tenter de rejoindre l’hypothétique autre rive à la nage. Elle se déshabilla lentement dans le froid. Tremblante, elle plongea un pied dans l’eau. De grosses bulles montèrent de l’eau saumâtre, qui devint vite brûlante. Elle avait dû renoncer, sous peine de finir ébouillantée.

            Un matin, alors qu’elle ramassait des champignons pour son repas du midi, tout devint flou autour d’elle. Un flash lui fit faire deux pas en arrière. Eblouie, elle ferma les yeux et perdit connaissance.
Un village. Une foule en colère. Un petit groupe d’hommes en noir qui s’adressait à elle. Elle n’entendait pas ce qu’ils lui disaient mais elle comprenait que cela n’augurait rien de bon. Ils l’encerclaient maintenant, se tenant la main. Des éclairs partaient de chaque main jointe et venaient la frapper.
Quand elle ouvrit les yeux, elle était roulée en boule sur le sol. Combien de temps était-elle restée inconsciente ? Elle n’en avait aucune idée. Mais la lune était haute dans le ciel.
Un loup immense et au pelage noir était couché contre elle.
-             Oh mon Dieu ! murmura-t-elle, terrorisée.
Essayant de ne pas déranger l’animal, elle se leva péniblement. A la lueur de la pleine lune, Maeline reprit le chemin de son abri. Au bout de quelques mètres, elle s’aperçut que le loup la suivait. Il avait l’air totalement pacifiste mais tout aussi affamé qu’elle. 
-             Je n’ai rien à t’offrir à manger tu sais ? Et je vis sous un arbre.
Le loup la fixa, comme s’il voulait lui dire de ne pas s’inquiéter.
Soudain, il la devança et se retourna, pour être sûr qu’elle le suivait bien. Au loin, Maeline aperçut une lueur. Se pouvait-il qu’elle ne soit pas seule sur cette île, finalement ?
Bientôt, une masure apparut entre les arbres. Une  pauvre chaumière en grosses pierres grises, qui se désolidarisaient. Du lierre qui montait du sol et envahissait la moindre surface où il pouvait s’accrocher. Maeline était sûre qu’elle n’était pas là quelques jours auparavant. Le loup entra par la porte branlante. La jeune fille le suivit.
L’habitation était délabrée et pauvre mais un feu ronflait dans la cheminée. Elle en aurait pleuré. Sur le lit, l’attendaient des vêtements propres : une robe d’un rouge délavé et une paire de bottines en cuir patinés.
-             Merci ! dit-elle à l’attention du loup.

            Le lendemain matin, à son réveil, après sa première nuit dans un lit depuis des semaines, le loup était toujours là.
-             Il va falloir que je te donne un nom si tu restes avec moi… Que dirais-tu de Krog ?
L’animal jappa, comme pour acquiescer.

***

La compagnie du fauve était un véritable soulagement pour Maeline. Krog lui ramenait le fruit de sa chasse, ce qui lui permettait de manger de la viande. Et puis, elle n’était plus seule. Cela l’aidait à accepter sa nouvelle vie d’ermite.

Bientôt, de curieux phénomènes se produisirent. Quand elle était triste, il pleuvait. Si elle se réveillait de bonne humeur, un grand soleil l’attendait dehors.
Puis, un jour où elle était à la recherche de bois pour le feu et qu’elle avait repéré une belle bûche à quelques mètres, celle-ci lui sauta littéralement dans les mains. Eberluée, la jeune fille contempla le morceau de bois, puis elle le laissa tomber. Tendant simplement la main, elle réussit à l’attraper.
Bizarrement, cette faculté lui sembla tout à fait naturelle, comme marcher et parler.
Quelques jours plus tard, alors qu’elle essayait vainement d’allumer le feu dans la cheminée et qu’elle commençait à perdre patience, une étincelle jaillit du bout de ses doigts. Secouant la main pour s’en débarrasser, elle la projeta sur les bûches qui s’embrasèrent.
Mais qui donc était-elle pour posséder tant de pouvoirs ?
Dès cet instant, elle s’évertua à maîtriser ces phénomènes, se doutant que cela lui serait utile pour l’avenir.
Cependant, plus elle se sentait forte, plus elle avait l’impression qu’on la surveillait. Elle sentait des yeux sur elle quand elle parcourait la forêt.
-               Qui est là ? criait-elle.
Seuls le vent ou le hululement des chouettes lui répondaient. Elle avait d’ailleurs fini par croire que c’étaient ces dernières qui l’espionnaient.

Quand elle se sentit assez puissante, elle décida qu’il était temps d’éclaircir le mystère de sa présence ici et se rendit à la rive la plus proche pour y prélever un peu du liquide qui l’empêchait de quitter cette île. 

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